Hello les Girls,

Aujourd’hui sur le blog, je vous partage un troisième extrait de ma New Romance OBSOLESCENCE. Relations programmées. Alors installez-vous sur votre chaise, fauteuil, canapé, lit, siège de voiture, lunette des toilettes. Hey! Quoi? Vous n’avez jamais lu dans la pièce à caca?

photo: deblog-notes.com

Enfin bref…, positionnez-vous confortablement où que vous soyez.

Si vous êtes une théïque* anonyme préparez-vous un thé. À éviter si on fait la p’tite com ou la grosse com, on est d’accord hein…

Théïque*: personne complètement accro au thé qui ne peut s’empêcher de boire cette boisson en lisant ne serait-ce que pendant une journée et donne l’impression d’avoir une tasse greffait dans une main.

Bon, j’arrête de vous dire n’importe quoi et je vous laisse lire ce nouvel extrait plus profond cette fois-ci, qui dénonce les comportements ignobles qui ont provoqué de vrais troubles émotionnels chez Emy qui a construit sa personnalité sur son enfance terrible.

Chapitre 6: Oops I Did It Again (Britney Spears, 2000)

 

—      Emily, emmène-moi mes œufs et mon bacon au miel ! crie mon père.

Izabel est en train de les cuire. Je prépare le plateau. Chaque chose doit être à sa place sinon, il y a sentence. Je place les couverts. La fourchette à gauche, le couteau à droite. Sa serviette pliée en quatre placée en bas à droite.

—      Emily, qu’est-ce que tu fous ? s’énerve-t-il.

—      Dépêche-toi Iza ! Sinon on va y passer toutes les deux, la pressé-je.

—      Ça y est c’est prêt ! m’annonce-t-elle.

Ses gestes ne sont pas sûrs. Ses mains tremblent. Elle fait glisser les trois œufs sur le plat délicatement, de la poêle à l’assiette. Elle veille à ne pas les percer sinon il y a punition. De l’autre côté, elle place le bacon. Il doit être croustillant aux extrémités, caramélisé et tendre au milieu. Iza pose l’assiette sur le plateau.

—      Emily ! hurle le bourreau.

Je saisis le plateau et file vite dans le salon où il se trouve affalé dans son fauteuil en daim couleur sable en train de remuer ses cartes que je haïs du plus profond de mon être. J’arrive près de lui. Je suis sur le point de lui livrer son petit déjeuner quand tout à coup, mes jambes se prennent dans le repose-pied qui n’est pas à sa place habituelle. Je manque de tomber. Je me rattrape de justesse, je ne sais plus trop comment mais je regrette déjà d’avoir pensé à épargner mon corps d’enfant de cette chute alors que le repas du tortionnaire git sur le parquet. Mais quelle idiote je suis ! Lorsque je vois le résultat par terre, je sais pertinemment ce qui m’attend. À épargner mon corps à l’instant, je l’amène à d’autres souffrances. Bien plus douloureuses. Pour le corps, pour l’esprit et pour le cœur. Le plateau dans les mains, je n’ai pas vu que ce putain de repose-pied était là. C’est lui ! Il l’a changé de place exprès pour que je fasse tomber son p’tit déjeuner. Il est vicieux. Il est sournois. Même lorsqu’Iza et moi, nous sommes irréprochables, il nous châtie. « Qui aime bien, châtie bien » dit-on. Et bien ce proverbe est complètement con. Je vous le dis. Je suis désemparée, je suis faible. Je ne suis qu’une gamine de 7 ans et pourtant mon corps est déjà tellement fatigué. N’y a-t-il personne pour nous sauver ? Les yeux rivés vers le sol, je ramasse rapidement ses bêtises. Ce sont les siennes pas les miennes. C’est lui qui m’a fait tomber. Il ne dit rien. Son mutisme me glace. Le seul son que j’arrive à distinguer sont les tintements de la boucle de sa ceinture contre la bouteille de Scotch. J’ai peur. Il m’appelle.

—      Emily !

Je lève la tête espérant pour la énième fois que les cartes m’épargnent.

—      Rouge ou noire ?

—      Noire, prononcé-je difficilement en déglutissant.

Il mélange les cartes puis s’arrête. Je dois en choisir une, comme d’habitude. Le choix fait, ma respiration se coupe jusqu’à ce que le verdict tombe. Sans me la montrer, il retourne la carte puis la fixe. Pas la peine d’essayer de deviner si la carte m’est favorable ou défavorable, son regard reste impassible jusqu’à ce que je la voie. À l’inverse de lui, tout mon petit corps frêle se met à trembler lorsque je me rends compte que la carte que j’ai malheureusement choisie est rouge, la couleur du sang. Déclenchant ensuite le timer qui va déterminer à quel moment le supplice sera infligé, je n’ai plus qu’à attendre qu’il se manifeste. Des fois, j’ai l’impression de l’entendre alors qu’il n’en est rien. Et lorsque le son tant redouté résonne douloureusement dans mes oreilles, son bras se hisse aussitôt au-dessus de moi prenant la direction de mon visage. Visage qui, à cause de lui, n’est plus innocent, pur, candide. Mes yeux se ferment pour ne pas voir l’horreur arriver sur ma joue.

Mais tout à coup, une douleur au dos me surprend et m’extirpe de mon cauchemar. Punaise ! C’est Alejandro qui vient de me donner un coup dans l’omoplate gauche en se retournant dans le lit. Je ne sais pas trop quels sentiments ressentir à cet instant. De l’énervement ? C’est qu’il m’a fait mal ce con-là. De la reconnaissance ? Il m’a tout de même arraché à ce terrible cauchemar. Je me détourne puis vois Alejandro qui dort. Et merde ! Alex ne va pas être content. Je lui avais pourtant promis d’arrêter. Enfin, d’essayer plus exactement. Mais je n’y peux rien, c’est plus fort que moi. Dans la chambre, il fait encore noir. Mais quelle heure peut-il bien être ? Je regarde l’horloge. Il est 6h50. Oh ! Alex ne va vraiment pas être content. Et pis crotte, je ne vais rien lui dire puisque ma relation avec Alejandro se termine dans exactement 1h10. Je bouge tranquillement afin de réveiller ma proie. Après tout, il faut bien que j’en profite avant de partir.

Tous droits réservés. Copyright. Virginie Louboutin. 2017

Voilà pour le troisième extrait les GIRLS. J’espère qu’il vous a plu et qu’il vous donne envie de connaître l’histoire d’Emily Johnson.

Passionnément vôtre!

À tantôt…

PS: Si vous souhaitez lire OBSOLESCENCE. Relations programmées, voici le lien pour trouver ma New Romance.

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